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 ADRESSE DE LA SECTION AUX INSTANCES DE LA C.G.T.    


Le 20 novembre 2007 l'Assemblée Générale de notre section a fait le point sur la situation revendicative, elle s’est félicitée de la participation des adhérents de notre organisation syndicale ainsi que de la présence de nombreux jeunes aux manifestations des 18 octobre et 13 novembre derniers.                                                            
Bien conscients que les retraités ne constituent pas la force la plus déterminante dans l’action engagée, les délégués ont fait part de leur déception quant à l’évolution du mouvement.
L’enthousiasme suscité par le front d’opposition à la remise en cause des « régimes de retraites particuliers » du 18, avait fait apparaître, à la base, la possibilité de constituer un rapport de force très puissant.
Enfin apparaissait la possibilité de mettre en mouvement l’ensemble du secteur public dans une action conséquente et dans la durée, seule possibilité de se faire entendre face à un pouvoir puissant et le plus réactionnaire que nous ayons eu à subir.
Cette alternative aux multiplications d’actions de courtes durées qui nous paraissent inefficaces et  démobilisatrices, lancées séparément par les fédérations ou structures de la CGT, quelques fois à deux jours d’intervalle, pouvait redonner une dynamique de lutte.
Il est évident que la nécessité d’actions de mobilisations spécifiques ont toute leur utilité pour la montée de la combativité dans le cadre d’une convergence de lutte.
Un niveau élevé de combativité annoncé par les salariés à partir du 14 novembre, notamment par le dépôt de préavis de grèves reconductibles, permettait d’espérer de conforter et de légitimer notre organisation syndicale pour aborder les négociations, au moment opportun, face au patronat et au pouvoir.
L’annonce de l’ouverture des négociations le 13 novembre suite à l’initiative de la CGT a stoppé la dynamique de lutte engagée d’autant qu’immédiatement s’ouvraient des discussions avec les Directions d’EDF et GDF. Cette situation ne pouvait que placer nos représentants en situation de faiblesse pour négocier et ce ne sont pas les actions engagées depuis qui ont eu l’impact nécessaire pour faire reculer le pouvoir sur ses intentions aussi pugnaces et performantes que soient nos négociateurs.
Aujourd’hui, alors que des questions importantes restent à débattre tel que la détermination des services actifs et insalubres et le nombre d’annuités qui pourraient en découler, peut-on dire que la refonte du statut du personnel soit positive pour celui-ci et pour les retraités que nous sommes ?
Nous ne le pensons absolument pas.
En ce qui concerne les salaires et pensions, outre l’augmentation de 4.31 % du salaire de base, faible rattrapage de notre perte de pouvoir d’achat, les décrets publiés par le gouvernement nous confirment que celui-ci n’a rien changé à ses positions annoncées dès l’origine. C’est ainsi que nous n’avons pas obtenu la revalorisation de nos pensions par rapport au salaire moyen de la branche, mais que c’est l’indice des prix qui sera officiellement utilisé pour cela, ce qui annonce de nouveaux reculs de nos moyens d’existence.
Aujourd’hui le patronat peut se permettre de proposer l’instauration « d’un régime de retraite supplémentaire par capitalisation ». C’est une proposition de même nature que le PERCO présenté par le MEDEF pour en fin de compte gruger la maigre épargne des salariés. 
Et, pour aller plus loin dans sa recherche de profit il incite à la mise en place d’un 3e niveau mutualiste de remboursement des dépenses maladie qui serait pour ce qui concerne les retraités entièrement à leur charge.
Ces propositions n’ont pas d’autre but que de remettre en cause toute la protection sociale basée sur la solidarité nationale mise en place en 1946 par le développement de « l’économie de marché » dans ces domaines vitaux pour les salariés et les pensionnés.
Ce n’est pas seulement les salariés et les retraités d’EDF et GDF qui sont concernés par le désengagement de la Sécurité Sociale et par les mesures régressives du patronat, mais l’ensemble des travailleurs des secteurs public et privé.
Admettre la possibilité de négocier la mise en place de ces propositions patronales serait admettre un recul de société et surtout que notre syndicalisme n’est plus capable de défendre et d’améliorer les structures existantes en organisant la riposte d’ampleur nationale de haut niveau que cela impose.
Les réunions de reprise de cartes que nous venons de réaliser ont confirmé que cette analyse succincte correspondait aux préoccupations des adhérents dont le mécontentement est certain quant à l’évolution de leur situation notamment par la signature de l’accord salarial par notre Fédération de l’Energie.
Ils estiment pour une bonne part que notre organisation syndicale d’une façon générale s’est éloignée d’une culture de résistance et de forte combativité qui la conduit à s’impliquer dans des champs de mesures de régression sociales dont le patronat a la pleine maîtrise.
Des attaques extrêmement graves portées par le pouvoir en place à l’ensemble du monde du travail dans tous les secteurs d’activités alors que des profits spéculatifs gigantesques sont réalisés par les groupes financiers nécessite une coordination des luttes au niveau National.
Ainsi les adhérents considèrent dans leur majorité que les actions répétitives et surtout sans lendemain n’ont aucune efficacité et conduisent à une démobilisation qui permet au patronat d’en déduire avec satisfaction notre niveau de faiblesse.
Face à un MEDEF fort et au pouvoir gouvernemental qui lui est entièrement dévoué dans un contexte politique européen imposant les règles les plus drastiques du capitalisme, il est essentiel de constituer un rapport de force de grande ampleur. Cela implique qu’en premier lieu au niveau de la CGT, dans son ensemble et avec les salariés, se mette en place un grand mouvement de lutte porteur d’une opposition résolue à la destruction des avancées structurelles progressistes dont nous bénéficions encore actuellement.
De l’urgence d’une mise en œuvre rapide de cette orientation dépend la valorisation du syndicalisme de classe dont la CGT doit être porteuse et du renforcement de la syndicalisation.
Réunis ce jour, la Commission Exécutive de notre section se veut porteuse de la réflexion des adhérents dans cette période complexe mais aussi de l’espoir que se constitue rapidement cette unité de lutte offensive et durable.