LES RETRAITES, HIER, AUJOURD'HUI, DEMAIN...          CLIC

LES PERIODES DE CONQUÊTE:
1945 - Création de la Sécurité Sociale.
194
7 - Création de l'AGIRC.
1961 - Création de l'ARRCO.
1972 - Les lois Boulin, généralisation des retraites complémentaires, passage des dix dernières années aux dix meilleures.
1983 - La retraite à 60 ans.
1990 - La retraite par répartition est bien assise. Trois expressions la synthétisent:
        - Solidarité entre les générations.
        - Solidarité entre les individus.
        - Solidarité entre les professions.
La population française dispose de garanties solides en matière de retraite, celle-ci cesse d'être un sujet de préoccupation notamment au sein de la population salariée.
         - Age de départ en retraite 60 ans.
        - Durée de cotisation 37,5 ans.
        - Taux de remplacement environ 75%.
LE DECLIN:
          En 1993 la loi Balladur allonge la durée de cotisation.150 trimestres en 1993, 160 trimestres en 2003.Elle fait passer le nombre de meilleures années de prises en compte pour le calcul du SAM de 10 ans en 1993 à 25 en 2008 à raison d'une année de plus chaque année.Elle indexe pour 5 ans de 1994 à 1998 les augmentations du montant des pensions sur les prix et non plus sur les salaires.
1995 - Le plan Juppé qui prévoyait entre autre l'alignement des régimes spéciaux et celui des fonctionnaires sur le régime privé avorte suite aux luttes menées.
2003 - La loi Fillon:
          Aligne à compter de 2008 les conditions d'ouverture de droit à la retraite dans la fonction publique sur celle du privé.
          Pose le principe d'un allongement automatique de la durée de cotisation ouvrant droit à la retraite à taux plein en fonction de l'allongement de l'espérance de vie  (passage de 160 trimestres en 2008 à 164 en 2012 puis 168 en 2020 ).
          Entérine une fois pour toute l'augmentation du montant des pensions sur les prix.
 Elle amorce une première grande étape visant à subsistuer à terme la capitalisation à la répartition. Pour permettre l'accord des syndicats modérés, la loi autorise les salariés ayant commencé à travailler très tôt à partir avant 60 ans c'est un réel succès.
 Elle encourage les organisations syndicales et patronales à négocier sur les pénibilités, c'est un réel échec, du moins jusqu'à présent.
          Parallèlement, l'accord AGIRC/ARRCO de novembre 2003 indexe également sa valeur du point sur les prix et non plus sur les salaires.
Voilà pour le résumé, après 15 années de réformes, ou plutôt de contre réformes. Les effets conjugués des différents accords sont d'ores et déjà perceptibles pour les salariés qui partent à la retraite aujourd’hui et pour les retraités qui voient leur pouvoir d'achat diminuer.
         A l'automne 2007, le gouvernement attaque les régimes spéciaux, impose les 40 années de cotisation en 2012 et 41 en 2016, une évolution des pensions basée sur les prix. Les salariés réagissent, le gouvernement est contraint à la négociation, nous ne sommes plus dans l'histoire mais dans les rendez-vous 2008.
Au printemps le gouvernement veut imposer une troisième loi, une durée de cotisation de:
- 41 ans d'ici 2012.
- 41,5 ans d'ici 2020.
- Durcissement des conditions d'accès au droit à la retraite anticipée pour les carrières longues.
- Passage graduel des 25 meilleures années à la totalité des années de carrière pour le calcul du SAM.
- Réexamen des avantages familiaux.
- Maintien de l'indexation du montant des pensions sur les prix.
- Renégociation del'accord AGIRC/ARRCO de novembre 2003 pour application en 2009 avec comme espérance patronale la diminution des droit de moitié en quelques années.
Et la position de notre organisation syndicale direz-vous, pas plus qu'en 2003 elle n'entend défendre le statu-quo.Elle estime qu'il y a lieu de préserver le niveau des pensions et propose donc un objectif de remplacement d'au moins 75% du salaire primes comprises et le retour à une indexation des retraites sur les salaires et non sur les prix. Elle demande de garantir et de consolider la retraite à 60 ans avec la reconnaissance des travaux pénibles qui doit se traduire pour les travailleurs concernés par un droit anticipé au départ avec bonifications pour le calcul du montant de la retraite. Un nouveau mode d'acquisition des droits en incorporant les années de formation, de précarité et de recherche d'un premier emploi.
Avec quel argent?
D'abord un constat, la réforme Fillon n'a pas empêché le déficit des retraites de se creuser. C’est pourtant au nom de l'équilibre des régimes que le gouvernement n'envisage qu'une solution..Allonger la durée des cotisations!
Deuxième constat, nous assistons actuellement à une profonde dégradation du niveau des retraites.
Aujourd'hui le niveau des retraites que devrait assumer la CNAV par rapport au dernier salaire est tombé de 50 à 43%.
Sur les 10 dernières années un retraité à perdu, relativement à l'évolution des salaires 8% du pouvoir d'achat !
Dans les faits des sacrifices et un échec qui montrent qu'in convient de reprendre le problème de la retraite sur d'autres bases.
Comment? En mettant en avant le développement de l'emploi stable, qualifié et bien rénuméré,c'est en effet lui qui permet l'acquisition des droits, il indique que face au choc démographique c'est la moitié du problème, l'autre moitié étant la question du financement.
13 millions de retraités aujourd'hui,18 millions en 2020,une augmentation obligée de 3 à 4% du PIB. Comment dégager ces 3 à 4% ? Les pistes sont claires:
Réduire es exonérations ( 3 milliards en 1993, 27 milliards en 2007, 30 milliards en 2008 )
Faire contribuer un certains nombre de revenus ( intéressements, participations, stock option, épargne salariale )
Modifier la cotisation patronale, son taux n'a pas augmenté depuis 1979 quand celui des salariés a augmenté de plus de 40%.
Inclure les revenus financiers des entreprises dans l'assiette des cotisations en modulant la cotisation des entreprises patronales en fonction des choix positifs ou négatifs des entreprises vis à vis de l'emploi et du financement de l protection sociale.
Mais peut être plus que tout, montrer aux français que tout comme la santé, la question des retraites mérite un vrai débat, car il s'agit bien d'un choix de société auquel le pays va être confronté !
Ou notre société optera pour un monde solidaire et nos passeront par l'augmentation d'une part grandissante de nos richesses à la consolidation d'un système de retraite solidaire qui puisse assurer demain une vie sure et acceptable aux 20 millions de salariés qui vivront plus longtemps, ou notre société optera pour un chois de solutions individuelles et nous entrerons dans la jungle et le zoo.
La position actuelle du gouvernement consiste à refuser un monde plus solidaire, à nous tous actifs et inactifs de résister et d'agir pour le contraire !